Il fut un temps où la gauche sentait la poudre, la grève générale et la révolution. Ses héros n’étaient pas imprimés sur des tee-shirts made in Bangladesh, ils étaient dans les têtes et dans les rues, levant le poing, rêvant d’un monde à renverser.
Aujourd’hui ? Quand on demande aux jeunes ce qu’évoque la gauche, on récolte des images de brunchs véganes, d’écriture inclusive obligatoire et de débats interminables sur le tri des déchets en milieu urbain. La lutte des classes a été troquée contre le combat pour le quinoa équitable.
Ce n’est pas juste une affaire de perception. La gauche a réellement changé de priorités : elle parle beaucoup de symboles et de mœurs, beaucoup moins de salaires, de logements, de dignité. Elle a quitté les usines pour les ateliers de développement personnel, croyant qu’on allait refaire la société à coups de conférences TEDx.
Pendant ce temps, une droite populiste, xénophobe et chauvine, occupe le terrain abandonné. Elle ne propose pas un monde meilleur, elle promet juste de désigner un coupable. Et faute d’un discours clair et enraciné à gauche, certains jeunes, lassés d’être pris de haut, prêtent une oreille.
J’écris cela avec tristesse, pas par rancœur. Parce que j’y ai cru. Parce que j’aimerais pouvoir y croire encore. Mais aujourd’hui, la gauche devra faire bien plus que publier des slogans sur Instagram pour retrouver ceux qu’elle a laissés sur le bord du chemin.
Répondre à Nazih Hachaichi (مخ الهدرة) Annuler la réponse.