J’ai eu diverses expériences managériales, de la multinationale à la startup, en passant par la grande distribution et un labo de prothèse dentaire.
Et puis, un jour, j’ai franchi le dernier palier de la pyramide managériale :
je suis devenu prof.
Et là, j’ai touché le boss final du management :
une équipe incompétente, démotivée, pas payée, pas formée… et pas recrutée.
Mais attention, je ne parle pas de l’équipe pédagogique.
Non non.
Je parle de la classe.
Une trentaine d’individus réunis contre leur gré, avec des rythmes biologiques anarchiques, une aversion naturelle pour l’effort, une franchise à toute épreuve et une capacité remarquable à repérer ta moindre faille.
Tu penses que manager un commercial grognon, c’est dur ?
Essaye de faire écrire un élève de seconde qui a décidé que les stylos, c’est has been.
Tu crois que motiver une équipe en crise, c’est compliqué ?
Essaye d’expliquer le principe d’inertie à un groupe persuadé que Joule est un rappeur.
Et pourtant… j’adore ce job.
Parce que c’est le seul où tu peux échouer tous les jours… et recommencer le lendemain.
Parce que c’est le seul où une victoire, c’est un regard qui s’allume.
Parce que c’est le seul où tu peux faire rire, instruire, consoler, engueuler et inspirer… en une heure.
Être prof, c’est du management en mode survie créative :
Tu dois faire avancer une équipe qui n’a pas demandé à être là, avec zéro levier hiérarchique, des moyens limités, et des contraintes mouvantes.
Et tu dois le faire en gardant le sourire, la posture, et la foi.
Mais c’est aussi le seul poste de manager où tu peux changer des trajectoires.
Alors oui, j’ai connu les tableaux Excel, les réunions agiles, les ruptures de stock et la poussière de plâtre.
Mais c’est ici, au tableau, que je pratique le management le plus extrême, le plus absurde…
…et le plus humain.
Et ça me fait marrer tous les jours.
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